2010, depuis 16 jours, ça file déjà... j'ai pris le courage de revisiter mon blog après de grands mois de silence... de vide... de
difficulté à communiquer, à partager ... et pourtant les sujets ne manquaient, étaient-ils plus des appels que des réflexions - je n'en sais rien au final...
Lenvie forte d'écrire parfois, le passage à l'acte très douloureux... étrange...
2009 a été traversée par de nouveaux épisodes de santé, puis de soins et de suivis - un pontage coronarien en
Mars suivi d'une rééducation cardiaque - puis, fin mai, une plaie au pied droit qui a mis trois mois à se guérir puis à cicatriser (problème du pied diabétique) -
Immobilisation du pied obligatoire - donc plus de marche quotidienne, fini la kiné, puis, au fil des mois, des difficultés croissante de souffle, de respiration - une prise de poids
conséquente par manque de stimulation physique 'prévisible) que je ne comprends pas malgré un suivi nutritionnel drastique ...
Bref beaucoup d'angoisse, de stress - et bien que j'ai perdu 40 kg, ces 10 kg ont envahi mon mental et réveillé mon enfance et adolescence de grande 'obésité et ses aléas... bien "enterrés dans ma
mémoire.. et une honte grandissante, le spectre aussi d'un échec.
Malgré tout, j'ai poursuivi mes études, prolongées d'une année supplémentaire pour avoir une belle marge d'écriture de mon mémoire de master.
J'ai aussi commencé à voyager petitement (week-ends prolngés), même une fois seule à Lyon - j'ai pu me confronter au réel, à progresser dans mon autonomie - me mettre à rêver, à
projeter...
Une volonté très forte, beaucoup d'adversité, d'auto-stimulation, un entourage bienveillant, accueillant et finalement heureux de mes avancées...
Mais un nouveau mal me rongeait, je le sentais dans mes jambes qui me portaient de plus en plus difficilement, des essouflements constants même en marchant "à plat"... une obsession de la
nourriture, des calories, de la rétention d'eau ... une nouvelle descente insidieuse et silencieuse vers je ne sais quel abîime...
J'ai alerté mes médecins, ils m'ont pris en compte chacun dans leur spécialité - (cardiologue, diabétologue, nephrologue, psychologue, médecin référent...) Je me suis occupée de la
circulation de l'information entre eux, de croiser les diagnostic (c'est exténuant pour un patient) - des examens ont été programmés...
Et le 14 décembre j'ai réussi à faire bouger les lignes en obtenant un programme de rééducation cardio-vasculaire (pour février 2010 sur cinq semaines, en hôpital de jour), l'un de ces médecins
ayant reconnu lors d'un xième test d'effort que j'étais déconditionnée physiquement...
ENFIN, ça se débloquait - et même si ce rendez-vous allait être, au départ , une prouesse physique - j'avais hâte d'y être...
Les fêtes de Noël se passe humblement, je pars rejoindre mon frère et sa famille dans une belle contrée alsacienne, Belle journée, nuit dans une chambre d'hôte et retour le 27 décembre chez moi...
J'acceuille Patrick un ami vivant à Hamburg en Allemange (un ancien globe-trotter) - tout est réglé comme du papier à musique...
Rien ne transparaît de mes souffrances - comme toujours, je rayonne et semble irradier mon entourage , c'est ce qu'on me renvoie) ... la fatigue est grande et je continue à assurer, toujours
assurer...
Depuis deux ou trois semaines, je m'efforce de distiller autour de moi bonheur, paix, sérénité -- je fais la médiatrice entre mon frère et sa fille, jeune adolescente, je soutiens un ami en grande
dépression, je console des proches endeuillés, bref, je me redonne à fond aux autres et ne m'aperçois pas que je m'oublie petit à petit - Ces aides prodiguées me rendent
tellement utiles, me font exister qu'elles m'anesthésient en quelque sorte...
La réalité me rattrapera
Lle 28 décembre, je fais des courses en ville, en trainant "la patte", j'attends un bus - fanfaronne avec d'autres usagers, tout est bondé, Patrick et moi montons dans notre correspondance et
au moment de sortir, je me rends compte que je n'ai plus mon sac à main (assez grand !) - que s'est-il passé ? j'ai du l'oublié ou le perdre au bus, au magasin -
Ma mémoire est défaillante - Je laisse rentrer mon ami (mes clefs étaient dans mon manteau ) et repars en ville pour, je ne sais trouver mon sac (sic !) passer au commissariat - je me sens comme
"nue, "vide" - dans ce sac une bonne partie de ma vie...
Je marche la poitrine serrée, dix ou vingt pas, il me faut m'arrêter et reprendre ma respiration... je comprends que j'ai été inconsciente de vouloir faire ces recherches, j'ai peur, il
fait nuit, la ville se vide, il me faut penser à rentrer sans trop de dégâts - il fait froid, je transpire, je risque l'hypoglycemie.. et bien sûr plus de portable donc pas moyen d'appeler
quelqu'un, je suis partie aussi sans argent...
"Ne vous mettez pas en danger m'avez conseillé ,il y a quelques semaines, mon psychologue "- Là j'ai fait "tout faux"...
A peine rentrée, nous entammons les démarches urgentes (opposition cartes, ligne du portable, carnet de chèque...) appel au magasin au cas où mon sac s'y trouverait....Je suis exténuée, stressée,
au bord de m'évanouir - je n'arrive à manger qu'une pomme et une tranche de pain... et lance à Patrick : " si je ne me couche pas maintenant, je n'arriverai plus à contrôler les nerfs et dans
trois jours je suis à l'hôpital !!!
J'arrive à m'endormir tout en désirant réveiller ma mémoire - rien à faire c'est le néant...
Mardi 29 décembre, je me réveillerai le matin, encombrée, du mal à respirer - une barre de douleurs sur le diaphragme - une situation que j'ai déjà connu - je fais très certainement un oedeme
pulmonaire - alors sans hésiter, je contacte mon médecin traitant qui arrive en urgence - il me dira 'je vous mets en milîeu protégé, j'appelle une ambulance pour vous emmener aux urgences - je
leur écris mais rappelez-leur que vous décompressez vite !"
On m'embarque - mise de suite sous oxygene (saturation à 91) ... la route semble longue - des urgences je serai orientée aux soins intensifs, j'y passerai 6 jours avec une angioplastie
délicate praitquée let réussie 2 janvier avec la pose de deux stents actifs aux coronaires, puis retour dans un service cardiologie etle 11 janvier je rentre chez moi, et je réalise ce qui s'est
passé dans l'intervalle de ces deux semaines...
J'en dirai plus dans un prochain texte - mais ce que je retiens comme apprentissage de cette nouvelle epérience c'est qu'il va me falloir vivre mais VIVRE AUTREMENT ET ACCEPTER ... J'ai conscience
de certains handicaps légers, ils ne m'empêcheront pas d'être en mouvement, de faire certaines activités, ce qui restera le plus précieux, ce sera de ne pas gaspiller l'énergie dont je dispose et
de la mettre au service, vraiment, d'une guérison durable et mesurée.
Vous qui me lirez - je vous souhaite une année 2010 en symbiose avec vos attentes et désirs... entourée de beaucoup d'affection et de partage.