empreintes

Dimanche 26 avril 2009 7 26 /04 /2009 14:26

Je reviens parmi vous, après près de huit semaines d'absence... Point de vacances, de fugue ou d'oubli... le temps de me faire "réparer" le coeur (pontage artero-coronarien et pericardotomie), de la récupération et d'une rééducation cardiatque très tonique physiquement...
je suis rentrée depuis maintenant quinze jours, non sans difficultés... celles de la vie de tous les jours qu'il me faut reprendre avec la sensation, encore aujourd'hui, d'être dans le réel et en même temps "ailleurs"
je "flotte", belle expression de ma voisine de chambre, durant trois semaines...
Vais-je atterrir un  de ces jours, je ne le sais... pour l'instant , je vis l'instant, le savoure quand il est savoureux, le laisse passer patiemment quand il est déroutant...
Cette nouvelle expérience a remis en évidence la préciosité de la Vie (3ème "sauve-qui-peut" pour moi) et surtout la chance d'être dans un système de sante comme celui de notre pays, la qualité et disponibilité (je l'affirme haut et fort) des soignants et d'une médecine qui a rapidement prpgressé, il y a quelques decennies, je ne serai plus de ce monde... une médecine "mise à mal" à vitesse "grand V" par des pensées politiques en inadéquation avec l'essence même de la mission d'intérêt général.
Je resterai militante autour de notre communauté soignante pour que tout a chacun puisse en bénéficier dans sa vie quelque soit son âge, sa situation sociale, ses origines... et qu'enfin les moyens lui soit prodigués pour assurer ses missions. Lhôpital n'est pas une entreprise mais un service public faut-il encore le répéter ??? OUI !!!

J'aurai l'occasion de converser avec vous et surtout partager ce que je sens comme transformation, vraiment cette étape médicale bouleverse autant mon parcours de vie qu'elle me place dans une reconstruction surprenante...

Pour l'heure, pour marquer ce changement, j'ai décidé de changer d'avatar, l'ancien représentait mon premier déplacement, dans le Sud en fin d'année 2007 dans un endroit que j'affectionne particulièrement,  2 ans après mon malaise.
Cette nouvelle photo est prise à Paris lors d'un petit séjour à Paris avant Noël que je me suis offert avec ma nièce pour mon anniversaire (que nous avons fêté tout simplement avec une amie) le premier anniversaire hors de l'hôpital... ! Une belle joie partagée.

En février, j'ai participé à une conférence, de qualité, de Jaques Salomé- connu pour ses livres sur les relations humaines.  en me dédicaçant  un livre (je croyais qu'il suffisait de t'aimer...) il m'a dit  "Prenez  1 cuillère et demi de Gwendoline chaque matin à jeun !!!" eh oui, une façon de s'aimer et de se mettre au premier plan chaque matin..! ça paraît simple mais il me faut l'apprendre ... pourquoi parce qu'on ne peut aimer, ni aider l'autre si l'on ne sait pas le faire en soir...
si vous avez des conseils, je suis preneuse...  à vos témoignages, ça donnera de la vie à ce blog... je rêve un peu !

à bientôt ... et bonne pêche dans vos vies, sincèrement
Par gwendoline57 - Publié dans : empreintes - Communauté : Les blouses blanches
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Dimanche 8 février 2009 7 08 /02 /2009 14:42

Un an déjà, jour pour jour, je m'exprimais sur mon KO survenu un 7 décembre 2005...
depuis hier, 38 mois de vie en plus... de rétablissement (s) progressif(s)...

Février 2009, nouvelle information. Après une coronarographie demandée et exécutée expressement par mon cardiologue, le diagnostic tombe ce jeudi 6 février 2009 -- un pontage coronarien doit être décidé et pratiqué, un geste chirurgical qui va suppléer une de mes coronaires obstruée par une  plaque d'arthérome et  me  permettre une meilleure irrigation du myocarde (muscle cardiaque)

Je ne réalise cette annonce que le lendemain, avec émotion (s) assurée (s), nouvelle étape médicale, nouveau risque, nouvelle lutte.
A relativiser,  par rapport à ce que j'ai déjà vécu. Mais bon, c'est un expérience à rajouter à mon "palmarès" ,je peux me permettre de nommer ainsi mon parcours.

Dans l'ambulance du retour, je reste silencieuse et avare en informations, j'ai comme un blocage, une douleur qui se réveille, lancinante, des souvenirs pas très drôles.

Une amie m'appelle sur mon portable, son mari  vient de subir quatre pontages en une opération.. Il va bien, suit une rééducation intesive.
Je m'agrippe à ces mots, à ces avis sur la question, je reprends confiance et puise dans la conversation l' énergie pour surmonter cet instant...
Les larmes coulent sur mes joues, je m'excuse auprès du chauffeur, qui,  lui-même me rassure, me rappelle que c'est une opération banale de nos jours (il emmène bon nombre  de patients pour ce genre d'opération)...

J'encaisse et lui dit : l'important  pour moi c'est qu' ils aient pu décelé ce problème avant que je ne succombe à un malaise ou à un infartus, ou je ne sais quoi... la marge est là pour nous préparer à l'opération (et aux suites) physiquement et mentalement... c'est bien mieux qu'il y a trois ans... quand j'ai sombré chez mon dentiste.

N'empêche que très rapidement la mémoire se réveille et me replonge dans les premiers jours de ma sortie du coma...
L'univers de la chambre, les équipes soignantes, les machines qui m'entouraient, la grande montre, accrochée au mur, en face de mon lit, le temps qui ne passait pas, semblait durer 3  fois plus qu'à la normale...

Une vraie ruche, ce service de réanimation, un suivi rapproché et très rythmé (examens sanguins, tension, température, respirateur, toilettes... et bien d'aures choses utiles à cette vie en suspens...

je me revoie couchée à compter, par fréquence régulière, les peupliers qui se dressaient face à ma fenêtre, à les regarder se balancer au gré du vent... de grands peupliers qui me rassuraient à chaque sortie d'assoupissement...

Peupliers sublimes, le matin, au lever du jour, ces matins d'hiver, puis se fondant dans le soleil rouge le soir pour devenir des ombres complices à mes premières nuits sans vrai et long sommeil.

Ma journée commençait et finissait avec eux, ils étaient devenus des êtres proches. A force de les observer je pouvais les distinguer, presque les apprivoiser.

Etrange rencontre avec une nature insaisissable dans ma chambre "bulle".
Nature combien désirée pour retrouver un à un mes sens, je ne disposais à ce moment-là que de mes oreilles pour entendre, me situer dans le temps,  mes yeux pour voir, reconnaître,...
ma bouche était d'abord murée dans le carcan d'un respirateur salvateur, mon nez par les liens à l'oxygène vitale, mes mains tendues le long de mon corps... parfois sanglées pour m'empêcher de mettre à maltout le dispositif de réanimation... par trop d'impatience ou de gêne...

On peut se demander parfois : à quoi puis-je m'accrocher dans la pire des situations ?
Eh bien à peu de choses, un bout de bois qui nous aide à flotter sur l'eau, une paroi de roche dans l'air, à la branche d'un arbre sur terre, en en cas de feu, une bouche d'air pour continuer à respirer... ce sont despossibilités infimes, mais immenses... si on y pense.
Ces peupliers ont été les premiers à me relier à la vie... et à moi-même.

Le lendemain de mon réveil, on m'extube, je réapprends à respirer seule, j'ai la trouille de ne pas y arriver... ma voix est aphone, je m'exprime en chuchotant, je pleure, en suis désolée, le dit à une infirmière qui me rassure, elle veillera sur moi toute la nuit.
Mon regard se fige sur mes peupliers, je me concentre sur ma respiration , je m'appuie sur eux... même invisibles dans la noirceur de la nuit...
Un nouveau jour se lève. Imperturbables ils sont là. Je sais au fond de moi que la vie s'écoule de nouveau dans mon corps, et que pour un temps très court,  ils seront mon rendez-vous intime le plus précieux...  de cette période.



Par gwendoline57 - Publié dans : empreintes - Communauté : Les blouses blanches
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Samedi 31 janvier 2009 6 31 /01 /2009 22:13

En pensant à ce dernier jour de janvier, surgit dans ma tête, comme une étincelle, la chanson d'Alain  Souchon, on  avance...
Rapide ce mois, mais très dense pour notre monde... un concentré d'un état de santé en "dents de scie" avec des hauts  comme :
♥ l'arrivée de Barack Obama au pouvoir, une espérance, une promesse de véritable écoute du peuple, mêm si on se sent  aigri (e)  par la politique, ou que l'on ressent une peur pour sa vie... il est enfin là, alors laissons -le avancer,
♦ plus près de nous, en France la journée de mobilisation du 29 janvier, pour laquelle je ne traiterai pas des revendications, mais retiendrai une France endormie qui semble se  réveiller, est capable de se réunir, se soutenir collectivement face à une confusion des informations ou franchement on ne sait plus où l'on nous amène...
 mais aussi, des bas,
♦ avec Gaza et ses conflits qui blessent les peuples des Etats en conflit,
♦ la tempête qui nous ramène à notre nature déboussolée par nos comportements d'irrespect (je génralise bien sûr), qui réveille le  sens de la débrouille et de la solidarité que nous portons chacun. Un capital, un peu oublié dans la vie quotidienne, salvateur quant il nous faut résister, lutter contre les éléments...,
♦ cet hiver, pourtant nécessaire à l'équilibre des saisons, hiver qui nous rappelle à ceux qui ne peuvent avoir chaud et se blottir dans un logement, même petit, pour vivre enfin... poser leurs cartons, leurs affaires...

La liste pourrait s'allonger, mais loin de moi l'envie de plomber l'ambiance. Ce sont des ellipses nuancées, des instants de la vie, auxquels notre mental n'a pu échapper,  en ce début de l'année 2009 durant lesquels tant de voeux ont circulé, rassuré et rempli notre proche avenir.

"Comme dans ces chansons d'amour d'autrefois
tous ces petits moments magiques de notre existence qu'on met dans des sacs plastiques et qu'on balance
tout ce gaspi de nos coeurs qui battent, tous ces morceaux de nous qui partent
Y'en avait plein le réservoir au départ
On avance, on avance, on avance
c'est une évidence, on a pas assez d'essence pour faire la route dans l'autre sens
on avance
on avance, on avance, on avance
tu vois pas tout ce qu'on dépense, on avance
faut pas qu'on réfléchisse, ni qu'on pense, il faut qu'on avance..." Alain Souchon (il y a + de 15 ans...!)


Je pense intéressant de s'arrêter sur cette partie de son texte assez précurseur à l'époque de son écriture... Avancer, vous vous êtes posé (e), un jour la question, du pourquoi et/ou du comment vous avancer dans la vie ?
Très certainement... furtivement, il n'est pas aisé d'approfondir cette pensée. Elle peut faire tourner la tête ou arrêter le tourbillon de notre quotidien.
Je le sais, certains de vous ont essayé d'y répondre, pas facile de creuser, tant se développent d'interrogations, de regrets, ou de frustrations, cela est le premier degré de la pensée... Si le courage vous y aide (et vous en avez), un deuxième degré apparaît celui de souvenirs ,le plus souvent des beaux. Ces instants de vie, durant lesquels on touche les notes du bonheur placées sur une gamme enchanteresse (on peut vancer vers d'autres degrés , mais deux c'est déjà bien.
Quelles bouffées d'air, ces apparitions, des énergies précieuses pour tenir, sauter des obstacles, croire à demain. Se dire aussi, "cela je l'ai vécu", il remplit mon "calendrier du bonheur", calendrier perpétuel, celui de mon existence,  de mes chemins, de mon odyssée...

Cette chanson d'Alain m'a beaucoup accompagnée ainsi que les autres de son album (allo maman bobo, la ballade de jim,...), au cours d'un voyage avec des adolescents en Norvège (août 1994)
Le groupe n'était pas nombreux, quatre, trois accompagnateurs, un rêve se diront certains animateurs...!
En vérité pas vraiment, 3 de ses adolescents étaient des enfants déjà abimés par la vie, qui sortaient de leur foyer..., deux étaient en recherche d'affection toute simple, celle qui aide à se reconstruire une confiance, une ietime de soi... La relation n'était pas facile, tantôt agréable, détendue, mais bien souvent provocatrice, violente, histoire de surtout ne pas se fair aimer... ou se sentir aimé, déroutant n'est-ce pas ? Notre métier prend tout son sens dans ses situations, entre autres celui d'ouvrir un "champ des possibles" aux êtres qu'on nous confient..

J'avais perdu mon père, décédé 10 mois auparavant. J'étais égalment, en manque d'amour paternel, même proche de la quarantaine, on devient une enfant  orpheline.
Sur les routes fabuleuses et curieuses de ce pays où la nature est respectée... que de souvenirs m'ont accompagnée, apaisée pour un temps avec papa à mes côtés, invisible mais participatif parce que mon désir était de partager mes découvertes, mes émotions avec lui.

Merci Philippe pour cette invitation à voyager , merci à Régis autre accompagnateur et aux adolescents pour m'avoir bousculée dans ma routine, mes retranchements et encouragée à surmonter des peurs (telle la traversée en ferry) Merci d'avoir été participatifs dans ma mission culinaire...  inventive et économique, notre budget et les prix en Norvège étaient peu compatibles (des gnocchis fait main en camping, ça vous dit... j'en garde encore la saveur, lodeur et surtout la trop grand quantité ?!!!)

J'y crois très fortement à ces instants rétrospectifs, non pour la nostalgie qu'il crée (c'est aussi une évidence) mais pour ces petites fenêtres qu'ils ouvrent et nous offent en respiration nouelle,  rayon de soleil, caresse d'un vent léger, en horizon de promesse.

le premier jour de février commence, il es 1h12, avançons donc en ne jetant pas tout dans des sacs plastiques, ce serait vraiment dommage.





  



Par gwendoline57 - Publié dans : empreintes - Communauté : Les blouses blanches
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Vendredi 29 février 2008 5 29 /02 /2008 18:40
je ne voulais pas manquer ce jour et le marquer d'une trace d'écriture
aurai-je encore mon blog dans quatre ans !!! qui le sait !!! je vis à présent  chaque  jour
 comme un nouveau jour.... alors quel lien avec ce jour
aucun directement, mais c'est le jour unique de cette quadrannie (je ne sais pas si ce mot existe) pour sortir ce blog de l'ombre et le livrer à beaucoup de "chevilles ouvrières" investies  dans ma guérison...

s'il vous arrive de vous y aventurer , je vous salue... point de malaise, de douleurs juste un espace pour communiquer positivement et franchement, point  de déballage, d'irraisonnement, les messages, commentaires "pollueurs" de cet état d'esprit seront lus mais repartirons avec réflexion, doutes

rien n'est acquis tout est à apprendre, à expérimener même au plus profond de la maladie.... du moins en suis-jje à  présent persuadée

je ne vous promets pas de régularité tout de suite, l'écriture reste un chemin sinueux,

bon premier voyage et à bientôt


Par gwendoline57 - Publié dans : empreintes - Communauté : Les blouses blanches
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Jeudi 7 février 2008 4 07 /02 /2008 10:30
en me levant ce matin et en prenant ma douche, j'ai repensé à ce 7 décembre 2005... il est désormais inscrit dans ma mémoire comme un rendez-vous incontournable (d'ailleurs tous les 7 du mois)...
26 mois que j'ai eu ce malaise, maintenant je dirais que je suis rentrée dans le cahos, celui dont on ne sait si l'on s'en sortira, celui qu'on redoute bien avant et qui finit par vous happer...
qu'il était dur de se motiver pour recommencer une journée de travail après un un rendez-vous programmé chez le dentiste...
ce rendez-vous, j'ai désiré le reporter, devant le lavabo, vidée, essoufflée, au bord de l'évanouissement, je me disais "vas-y ne le reportes pas ça suffit, il faut  te reprendre "en mains"  et  une "autre voix " s'imposait  "beaucoup de travail t'attends, encore une journée d'angoisse à remuer "ciel et terre" pour assurer, être à la hauteur de ma mission professionnelle...," et puis Myriam (que j'avais vu la veille) m'attends à son chevet dans cet hôpital ..." je ne peux pas faiblir maintenant, il me faut tenir encore et encore.

je ne sais encore comment  j'ai pu partir ce matin-là, prendre la voiture dans un froid intense externe et interne, à dégivrer les vitres, à m'épuiser sans relâche...
je sais être arrivée chez le dentiste, téléphoner au centre social pour avertir de mon retard, avoir eu du mal à monter  l'escalier (être à l'heure, c'était  très important), attendre mon tour (angoissée, en apnée) être passée dans son cabinet, avoir du mal à m'exprimer (toujours ses essouflements...) justifier mon état, bref une panique sans cesse grandissante. 
Il me parlait doucement, tranquillement pour me détendre, me calmer. je ne peux conclure cette discussion et il m'invite à reprendre mon souffle dans la salle d'attente. 
Une patiente attend, je respire fort, vite, je me contrôle. J'ai peur, très peur de cette accélaration que je ne maîtrise plus... je me sens partir, mais lutte encore...
et puis plus rien, cinq jours plus tard je me réveille dans une chambre d'hôpital, dans le service où ma soeur a passé plus de quarante jours l'été 2005, une chambre du service de réanimation d'un grand hôpital public...

ce matin, j'y pense comme si c'était hier, avec la même intensité, la même frayeur et une pensée permanente, si j'avais reporté ce rendez-vous chez le dentiste, aurai-je pu vous raconter ce premier bout de l'histoire !!!?
Par gwendoline57 - Publié dans : empreintes
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  • : il y a un avant, il y a un après, avant hyperactive, altruiste à fond, inquiète pour les autres,protectrice, après en quête du MOI, en recherche d'équilibre... d'un espace pour vraiment "poser ses valises"

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